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>> Acheter Planète Corrida n° 95
Pourquoi ?
J’ai toujours eu horreur des gradins hurlants «des toros, des toros». Chaque encaste a sa propre morphologie et ne supporte pas les kilos supplémentaires, c’est évident. J’ai beaucoup de respect pour les hommes qui enfilent, jour après jour, le costume de lumières pour se confronter à leur peur et leur courage.
Mais, Pourquoi la monopique se généralise-t-elle? La bravoure d’un toro n’est-elle pas l’essence même de la corrida. Pourquoi les bajonazos ne sont-ils plus sanctionnés comme il se doit ? C’est-à-dire sans trophées. La suerte suprême, parce que c’est comme ça que cela s’appelle, c’est avec l’épée qu’on l’atteint...
Pourquoi bon nombre de vedettes sortent-elles a hombros des arènes après des mises à mort indignes de leur statut ? Pourquoi les présidences ne savent-elles plus faire la différence entre une faena exécutée devant un toro monté sur roulements à billes et un morucho prêt à mordre ? Pourquoi les mêmes présidences se réfèrent-elles aux faenas de la veille, devant d’autres encastes et dans des conditions météorologiques dissemblables pour octroyer les trophées ? Pourquoi les palcos cèdent-ils, sous les protestations de gradins souvent pueblerinos ?
J’aime les toreros artistes et il est certain qu’ils ne peuvent s’exprimer que devant du bétail «artiste» mais les figuras du G10 ont des exigences exorbitantes et démesurées. S’ils imposent leurs tarifs ce qui est plutôt normal, ils imposent aussi les toros aux organisateurs. Des animaux trop souvent insipides, tontos (idiots), incapables de pousser sous le fer et qui suivent les leurres sans piquant ni émotion. La corrida est durement attaquée et si nous n’y prenons pas garde, s’ILS n’y prennent pas garde, les aficionados assidus ne trouveront plus de quoi satisfaire leur envie de sublime dans des spectacles édulcorés. Les acteurs de la corrida pourront, alors, se poser la question. Pourquoi !
Michelle CATALA |